Archives
09 octobre 2008

Pherecydes Pharma s'installe à Biocitech

Au moment où le prix Nobel de Médecine 2008 marque la reconnaissance d'une discipline souvent délaissée, l'infectiologie, le parc scientifique Biocitech affirme lui aussi sa culture historique dans le domaine des anti-infectieux en accueillant la jeune société Pherecydes Pharma sur son campus. Issue des travaux de Bio-Modeling Systems et présidée par Thierry Raynaud, la société a choisi de développer de nouveaux produits anti-infectieux, tant pour le diagnostic que pour la thérapeutique, en exploitant les ennemis naturels des bactéries, les bactériophages. Le potentiel disponible est vaste puisqu'on dénombre à ce jour quelque 1015 phages différents. L'élément crucial est donc de détecter et d'identifier le bactériophage, ou le cocktail de ces virus bactériens, capables d'agir sur la bactérie ciblée. C'est là que se situe la spécificité de Pherecydes qui dispose d'un procédé breveté pour la constitution de banques de bactériophages. Ces banques ont vocation à être appliquées dans les domaines de la biosécurité et de la biodéfense, avec la mise en oeuvre de ces cocktails dans des biocapteurs adaptés à la détection, en temps réel, d'infections. Dans le domaine thérapeutique, les utilisations visées concernent pour le moment la mise au point de solutions de désinfection pour la lutte contre les infections nosocomiales.

En phase d'expansion. L'arrivée de Pherecydes Pharma porte ainsi à trois le nombre de sociétés dédiées aux anti-infectieux présentes à Biocitech. Les deux autres sont Mutabilis, spécialiste de l'inhibition des mécanismes bactériens, avec notamment une approche basée sur l'anti-virulence, et Novexell, spin-off issue de l'externalisation, en 2004, du département anti-infectieux d'Aventis, qui s'est récemment illustrée en signant un accord avec Forrest (voir Tableau Accords). Au total, le parc héberge maintenant 22 entreprises et se prépare à en accueillir une 23ème. Cinq ans et demi après sa création, Biocitech abrite 550 emplois et atteint un taux de remplissage de 93 %. Les développements futurs ont d'ailleurs d'ores et déjà été anticipés. La structure, qui est devenue une spin-off depuis le 1er octobre 2008, a ainsi lancé en juillet dernier une étude pour un programme d'extension prévoyant la réalisation de 30 000 mètres carrés supplémentaires afin d'abriter laboratoires, bureaux et atelier pilote dédié à la chimie fine. « Notre site héberge des sociétés en développement rapide et nous nous devons de continuer à accompagner leur croissance. Ainsi, Cellectis, qui s'est installée sur le site en 2004 est déjà passée de 3 400 mètres carrés à 7 200 aujourd'hui », indique le président de Biocitech, Jacques Lhomel. Autre exemple de « locataire » de Biocitech en développement actif, Endotis Pharma, qui vient d'obtenir trois financements publics importants (voir ci-dessous).